Campagne de récolement du Cnap au Val-de-Grâce – juillet 2026
Campagne de récolement du Centre national des arts plastiques (Cnap) au ministère des armées
Le 29 juillet 2026, le Pôle collections de la Direction de la Mémoire, de la Culture et des Archives (DMCA) a accompagné le Centre national des arts plastiques (Cnap) lors d’une opération de récolement au Val-de-Grâce. Il s’agissait de localiser, photographier, inspecter, mesurer et analyser des tableaux et des dessins, l’objectif étant de vérifier leur identification et surtout leur état de conservation.
La visite a notamment conduit les agents dans l’une des réserves de peintures où est conservé un portrait d’Anne d’Autriche. Profondément attachée à l’ancienne abbaye, la reine en favorisa le développement et fit édifier l’église en accomplissement du vœu formulé avant la naissance du futur Louis XIV. Le choix de déposer ce tableau ici permet de prolonger l’histoire du lieu et rappelle que les œuvres confiées aux différents dépositaires sont souvent choisies pour le dialogue qu’elles entretiennent avec les bâtiments qui les accueillent.
L’examen approfondi du tableau a également montré l’importance de tout ce que le récolement peut apporter à la connaissance d’une œuvre. Plusieurs altérations étaient visibles sur la toile. Elles ont d’abord été photographiées puis soigneusement consignées afin de pouvoir en suivre l’évolution et, si nécessaire, d’envisager une intervention. A première vue, aucun élément ne permettait toutefois d’identifier précisément l’œuvre.
Il a donc fallu vérifier le revers de la toile pour que de nouveaux indices apparaissent. Le revers conservait plusieurs étiquettes ainsi que des mentions manuscrites de l’artiste. Ces traces, invisibles lorsque le tableau est accroché, peuvent se révéler précieuses puisqu’elles renseignent parfois sur l’auteur, le titre, la date de création, une ancienne exposition ou les précédents lieux de conservation. Une seule étiquette ou quelques mots inscrits sur la toile peuvent ainsi compléter une notice restée imprécise et confirmer que l’œuvre observée correspond bien à celle inscrite dans les inventaires.
Le récolement demande donc de regarder au-delà de ce qui est immédiatement visible. La face d’un tableau raconte son sujet et son histoire artistique. Son revers renseigne souvent sur son parcours matériel et administratif. C’est en réunissant ces deux lectures que les équipes peuvent identifier l’œuvre avec certitude et enrichir sa documentation.
Toutes les vérifications ne se déroulent pourtant pas dans les conditions maîtrisées d’une réserve. Les biens déposés sont répartis dans l’ensemble du Val-de-Grâce et certains se trouvent dans des espaces plus difficiles d’accès. Un tableau accroché dans une cage d’escalier peut ainsi compliquer la lecture du numéro d’inventaire, la prise de photographies ou l’observation précise de son état. Le récolement conduit alors les équipes à s’adapter à chaque lieu et à chaque œuvre, parfois dans des passages étroits, en hauteur ou au milieu des circulations quotidiennes !
Rédacteur : Julien DUBOIS, Assistant des chefs de pôle Collections et Mécénat (DMCA-juillet 2026)