Archives de la famille Montgolfier

Document manuscrit sur papier vergé, rédigé à l’encre brune.
Le texte, à la calligraphie soignée, est daté du 10 décembre 1783 et signé par Le Noir de La Roche, secrétaire perpétuel de l’Académie royale des sciences.
En bas à gauche, on distingue un sceau de cire rouge, partiellement conservé, portant l’empreinte de l’Académie. Un second cachet à sec est visible à droite, attestant de l’authenticité du document.

Le texte mentionne la décision de l’Académie royale des sciences de nommer Joseph et Étienne de Montgolfier correspondants de l’institution, en reconnaissance de leurs capacités et de leurs travaux.
L’écriture alterne entre lettres majuscules ornées et cursive administrative, typiques de la correspondance savante de la fin du XVIIIᵉ siècle.
Le papier présente quelques plis et une légère décoloration liée à l’âge, sans altérer la lisibilité.

Cette lettre s’inscrit dans le contexte des expériences aéronautiques menées par les frères Montgolfier en 1783, année du premier vol en ballon à air chaud.
L’Académie royale des sciences, suivant avec intérêt leurs travaux, leur accorde ici le titre de correspondants, marque officielle de reconnaissance scientifique.
Ce document illustre la reconnaissance institutionnelle accordée aux inventeurs pour leur contribution majeure aux débuts de l’aérostation.
Archives de la famille Montgolfier - MAEB_FP_MON1_13_0013

Le fonds d’archives de la famille Montgolfier (1766-1935) éclaire considérablement les inventions des frères Montgolfier. Il rassemble une riche correspondance, majoritairement celle d’Etienne (1745-1799), ainsi que celles de ses frères – Jean-Pierre (1732-1795), Alexandre-Charles dit l’Abbé (1737-1794), Joseph (1740-1810) – et de ses filles. Il témoigne également des impacts et de l’intérêt que suscitèrent les premiers aérostats au siècle des Lumières.

Après d’importantes recherches généalogiques par Charles Dollfus, conservateur au musée de l’Air, ces archives familiales ont été acquises auprès des descendants d’Etienne Montgolfier en 1950. Cet achat était accompagné du catalogue établi en 1935 au château de Colombier-le-Cardinal (Ardèche), dont le classement a été respecté et complété par un nouvel instrument de recherche en 2025 facilitant la navigation intellectuelle dans l’ensemble des trente-sept boîtes.

Le fonds couvre la seconde moitié du XVIIIème siècle, en suivant les vies des frères Etienne et Joseph Montgolfier, entre les propriétés familiales en Ardèche et leurs démonstrations et relations établies en Île-de-France. Une partie date du XIXème siècle, constituée par les papiers et travaux rassemblés par les filles d’Etienne, Adélaïde (1787-1880) et Alexandrine Jacqueline épouse de Canson (1777-1849), sur leurs père et oncle.

Trois grands ensembles se dégagent de ce fonds. D’abord, les papiers propres à la vie familiale des Montgolfier : notices biographiques, documents sur les dépenses privées, sur les liens avec la franc-maçonnerie et sur le commerce de la papeterie. Ensuite, les papiers propres aux travaux scientifiques des deux frères Montgolfier : études techniques, travaux préparatoires et finaux sur les ballons, dépenses, mémoire et correspondance relative à l’organisation des expériences publiques. Enfin, une volumineuse correspondance entre les années 1760 et 1790 : échanges entre les frères et d’autres membres de la famille ; échanges avec des savants, des aéronautes, de grandes personnalités de la vie publique et d’autres relations.

Ce fonds constitue une source primaire sur les travaux des frères Montgolfier, sur leurs expériences et la construction de ballons. L’importante correspondance montre le faisceau de relations forgé pour faire connaître leur invention et ses développements. Ces archives familiales intègrent, en outre, l’histoire des premiers aérostats dans le contexte privé d’une dynastie papetière qui fut à la fois le berceau et l’héritière des activités savantes des deux frères.

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